Gigliola Cinquetti a su
maîtriser ses nerfs et elle
a porté “Dio come ti amo”
à la victoire en chantant
avec beaucoup de retenue,
là où Mimmo (Modugno)
était plus combattif.

Pour ce festival la nouvelle vague italienne a pour
la première fois assuré nettement ses positions.
C’est un style qui veut donner plus d’importance
au texte que dans le passé où la mélodie primait.
Parmi ces jeunes acteurs-compositeurs figure
Sergio Endrigo qui a inauguré avec sa chanson
“Adesso si” un style très neuf. Deux ans plus tard
il gagne le festival, en 1969 il est 2e .

Les Surfs, quatre frères et deux soeurs , sont nés à
Madagascar et adoptés par les français en 1963. En 1964
ils sont “la révélation de l’année”. Début 1966 leur
carrière en France est agonisante mais à San Remo il y
avait une “écurie” de voitures impresssionnante pour les
Surfs et un grand succès mérité. (3e place pour “In un
fiore”). En 1967 ils feront encore mieux et frôlent la
victoire avec une 2e place pour “Quando dico che ti amo”.
Leur plus grand tube en Italie “E adesso te ne puoi andar”
atteignait une 2e place en décembre 1964. Le groupe se
dissocie en 1971. Nicole et Monique ne sont plus.

Claudio Villa, 40 ans, représente la “vieille garde” de San Remo
qui vient régulièrement depuis 1955. Il a été trois fois vainqueur
sans compter les fois où il a été deuxième ou troisième.
C’est un romain à la voix chaude et puissante, au verbe haut,
à la riposte facile. C’est avec sa fougue habituelle qu’il a défendu
la belle chanson de Pino Donaggio en équipe avec ce dernier. “Una
casa in cima al mondo” (Une maison au sommet du monde) . Ils ont
été très près de la victoire avec une 4e place.
Pino Donaggio est un “jeune vétéran” qui, depuis 1961, a présenté
de fort jolies chansons qui ont toujours été des prétendants au titre.

Et moi, pas tout à fait résolue à y aller, je lui donnais raison. Eh bien, Petula n’a pas gagné mais rien de
Catastrophique s’est passé. Au contraire, la Clark a vu monter en Italie la vente de ses disques et sa
popularité. Alors il n’y avait plus de raison de refuser . ( Magazine Sogno du 20/01/66). En 1964 le
Magazine
Teletutto en parlait.

En étant la chanteuse française la plus connue en Italie
j’ai déjà eu l’occasion de participer au Festival en 1964
quand il ouvrait ses portes aux étrangers. Tous mes
amis français me l’avaient déconseillé. Je devais faire
attention parce qu’il y a peu de chance de gagner le
concours et le cas échéant je risquais d’être descendu
par la presse malgré une bonne performance.
Un prospectif catastophique en somme.

Néanmoins , l’année passée j’étais sur le point d’
accepter( chanson “La tua mano”) mais c’est la faute à
Petula Clark , sans méchanceté, que ça a abouti à rien.
Petula s’était déjà engagée et quand elle était au
courant de mes intentions elle m’a fait savoir qu’elle
trouvait ça illogique qu’on descendrait à deux dans
l’arène. Mieux valait limiter les dégâts ( Vogue étant
aussi la maison de disques de Petula en France).