FH: Je n’ai pas eu le coup de foudre pour la Grèce, bien qu’il s’agisse d’un merveilleux pays; le soleil, la mer,
tout ce que j’aime! Mais, vous savez, je ne suis pas de ces filles qui s’extasient devant les vieilles pierres - de
Toscane, de l’Attique ou d’ailleurs - et qui s’écrient : “C’est sublime ! Oui, vraiment superbe!”. Aussi beaux
soient-ils, les paysages m’intéressent moins que les villes: et les vieilles pierres muettes moins que les immeubles
bruyants qui abritent des masses de gens, des quantités de destins. A Londres je participe, je vis par tous les
pores de ma peau.

Le temps des copains

camaraderie agréable et rigolote. Je suis pour le cinéma des copains, un cinéma sans contrainte,
ou bien - alors -pour un cinéma de génie. Mais je ne pense pas qu’un cinéaste entièrement génial
attende Françoise Hardy pour réaliser son chef-d’oeuvre (sourire loyal)”.

Qu’est-ce qui vous a touchée en Pollet?

FH: La passion de s’exprimer à travers les autres, avec une caméra. Son besoin
fougueux de créer un univers vivant , avec des images vivantes. Son impatience.
Sa jeunesse. Son autorité. Je l’ai rencontré en novembre. J’ai eu envie de lui
dire “oui” tout de suite, presque d’instinct. C’est le genre de garçon qui ne peut
pas vous décevoir (et pourtant...). Lui aussi m’a fait confiance d’emblée,
presque à l’aveuglette. La preuve: il n’a même pas vu “Château en Suède”.

Dans le travail, qu’est-ce qui le différencie de Vadim?

FH: Vadim est un intellectuel qui voit les êtres et les choses de l’intérieur. Pollet,
lui est un primitif intelligent qui voit la vie à travers ses sens et pour qui toute
création est une aventure vue de l’extérieur. Le cinéma, pour lui,c’est d’abord
des images, une succession d’actions simultanées.

“Une balle au coeur” vous a permis de découvrir la Grèce?

“Qui êtes-vous dans “Une balle au coeur”?

FH: Anna, une fille de l’archipel des Cyclades. Nous avons tourné dans l’île de Skiros: un bijou de feu. Comme les
scènes de poursuite dans la montagne sont nombreuses, j’ai voulu porter des pantalons pour pouvoir courir plus
vite. Jean-Daniel Pollet a refusé. J’étais furieuse. Alors j’en suis restée aux ravissantes petites robes toutes

simples de Courrèges. ( Françoise a fait une mise au point à ce sujet. Jamais elle n’a porté du Courrèges
dans ce film raté. Ca n’aurait en rien correspondu au rôle et aurait été anachronique et grotesque).