La tragédie, c’est beau, c’est grand. C’est propre. Parce que, dit Anouilh, on sait
d’avance que c’est sans espoir. Il peut y avoir quelques péripéties, inattendues,
contrastantes, mais pas de fin heureuse. La douceur d’un bonheur entrevu n’est là que
pour mieux contraster avec l’implacable logique du malheur, et plus le cadre est
grandiose, mieux il souligne la dérisoire et éphémère violence des passions humaines.
Pour cette histoire de haine, de sang, de pur amour, il fallait l’aridité de cette Grèce de
pierre où ne fleurit, nourri d’une sêve brûlante, que le mythe qui mêle mortels et
immortels en son ordre invisible et souverain. ( Michel Gérac dans Cinémonde N°
1621 du 12/10/65).