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Il semblait vraiment s’éveiller d’un long, pesant sommeil. Il se leva, ses gestes étaient sans hâte, précis. Il se rasa avec soin, et elle fut émue de l’extrême jeunesse du visage, pâle, aux méplats accusés. Il y avait dans le regard une détermination froide et , après s’être réjouie de le voir émerger de l’apathie où il sombrait, elle s’en alarma. Elle s’approcha de lui, essaya de sourire. Les yeux durs de Francesco s’adoucirent.
Carla, dit-il, j’ai besoin de toi. Elle avait l’habitude. Depuis trois mois qu’ils s’étaient rencontrés, au hasard d’un bar, elle avait veillé sur lui comme sur un enfant. Déjà il n’avait plus un sou. Elle l’avait aidé à subsister. Tant qu’il avait été pianiste à “Little Chicago” , accompagnant, bien mal, le numéro de chant qu’elle faisait, sans conviction d’ailleurs, elle avait réussi à lui tenir plus ou moins la tête hors de l’eau. Mais il buvait vraiment de plus en plus. Un être à la dérive. Et ce matin-là...
La radio continuait à moudre un texte quelconque. Il ferma le bouton, mais se mit à siffler entre ses dents le chant de la révolution crétoise. C’était cet air viril, joué parmis d’autres, au programme du matin, qui semblait avoir fait jouer en lui un déclic. “Carla, reprit Francesco, il faut que tu me procures un revolver avec un silencieux...Vite.( Cinémonde 12/10/65).
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