Françoise n’a repris le chemin des studios que pour tourner sous la
direction de Jean-Daniel Pollet, jeune metteur en scène, mais aussi
grand copain de Françoise. C’est d’ailleurs beaucoup pour cette raison
qu’elle a accepté cette nouvelle expérience cinématographique qu’elle
voulait sans lendemain après son apparition dans “Château en Suède”.

Elle y jouait le rôle d’une demi folle cloîtrée par son mari. Le scénario
n’était pas spécialement destinée aux jeunes, ce qui explique peut-être
que le film n’ait pas eu un retentissement extraordinaire. Vadim
recommençait une politique qui lui avait réussi dans un sketch du film
“Les Parisiennes” où Johnny Hallyday au côté de Catherine Deneuve
tenait le principal rôle. Johnny y interprétait deux chansons dont
“Retiens la nuit” qui eut un succès beaucoup plus retentissant que celui
du film lui-même. Néanmoins l’apport publique de cette chanson ne fut
pas négligeable.

On peut déplorer ce procédé qui consiste à utiliser le prestige d’une
idole des jeunes comme atout supplémentaire au succès d’un film.
Certains se sont imaginé qu’il suffisait de tourner n’importe quoi, y
mêler une Françoise ou une Sylvie, pour avoir immédiatement leur
public dans les salles obscures.

Un jeune aristocrate sicilien, Francesco Montelepre,
est dépouillé de ses biens par Rizzardi, un ancien
gangster en Sicile, après deux décades passées en
Amérique. Rizzardi veut être le nouveau seigneur
de son pays et, par vieille haine familiale, veut
abattre et détruire les Montelepre. Francesco
échappe à la mort qui lui était réservé et s’enfuit,
non sans avoir marqué Rizzardi au visage.
Rizzardi, déshonoré, poursuit désormais
Francesco d’une haine, d’une soif de vengeance
qui ne peut se terminer que par la mort de l’un
des protagonistes...

Entre acheter un 45 tours et voir un film, il y a une grande différence. Les 45 tours, on l’entend plusieurs fois à la
radio, on peut se faire une opinion d’avance et ne pas être déçu après avoir payé. En plus chaque idole a un style
propre, une vie qui est connue jusque dans ses moindres détails par ses fans, il est donc très difficle de l’incorpo-
rer dans un film de fiction. Sylvie dans les bras de Jean Marais comme on l’a vue dans “Patate”, excusez-moi,
mais je la préfère dans ceux de Johnny.

Jusqu’à présent l’industrie cinématographique n’a proposé que trois sortes de films à tourner par les jeunes:
mêler des vedettes de la génération précédente avec celle d’aujourd’hui ( Patate ); un sujet moralisant destiné à
des nouveautés ( D’où viens-tu Johnny?) ou des prétextes à chansons ( Cherchez l’ Idole ). Espérons que “ Une
balle au coeur” fera exception et sera véritablement un film pour les jeunes puisque fait par des jeunes...Sinon
pourquoi utiliser des idoles des jeunes?

En voici le sujet: Il s’agit d’une poursuite. Mais cette poursuite a un caractère particulier qui
l’apparente à la fois à certain western et à la tragédie grecque. En effet, le caractère inéluctable
de l’aventure constitue l’essence même du sujet. Cette poursuite se déroule, à un rythme rapide
et violent, à travers toute la Grèce, univers de la pierre, de la mer et du soleil.
Ce cadre , utilisé comme l’un des personnages principaux de l’histoire, va renforcer naturellement
le caractère de tragédie donné au sujet. Le début et la fin viendront, par contraste, renforcer le
caractère dur, sec et violent des paysages grecs, en se déroulant dans le monde luxuriant de l’eau
et de la verdure d’un palais sicilien. L’action peut se résumer dans quelques lignes: